Dvdrama propose une interview très intéressante (en français en plus) de toute l’équipe du film.
DVDRAMA:
Ambiance plus que sympathique dans ce salon d’un plaza de Paris le Vendredi précédant la sortie de Spider-Man 2 sur les écrans français. Après une présentation la veille au public parisien de leur nouveau film, Sam Raimi (réalisateur), Tobey Maguire (Spider-Man lui même), et Avi Arad se sont réunis pour répondre aux questions de quelques journalistes de la presse DVD.
Il est midi, Avi Arad, pas très bien réveillé, est le premier présent.
Comment avez vous choisi Sam Rami pour réaliser les films Spider-Man ?
Avi Arad : La plupart du temps lorsque vous commencez à travailler sur un film, le plus dur est de trouver le réalisateur adéquat. Parfois vous allez voir des réalisateurs en fonction de votre script, et parfois vous allez voir des réalisateurs sans avoir de script pour évaluer leur vision du film. J’ai dû voir 5-6 réalisateurs pour Spider-Man. Et je vous avoue que Sam était le dernier
(rires)
Qui étaient les autres ?
Avi Arad : Je n’ai pas le droit de vous le dire, ce ne serait pas sympa pour eux. Mais c’était les “Usual Suspects”, les cinq-six réalisateurs que l’on va voir en général pour des films de cette envergure. C’est une attitude des studios qui commence heureusement à changer
Ils réalisent que le plus important est de trouver des réalisateurs “frais” qui ont une vision unique, qui ont une passion pour les personnages. Sam était clairement l’homme de la situation.

Sam Raimi arrive, nous salut un par un, et s’adresse un peu rigolard à Avi :
Sam Raimi : Tu as l’air en forme Avi
Avi Arad : Crois moi, j’ai l’air plus en forme que je ne le suis
(rires)
Sam Raimi : (s’adressant à nous) Nous étions à une soirée hier, à boire et faire la fête avec tout le monde. Je rentre ensuite à mon hôtel et mon frère m’attendait et me dit “Ok, au travail !”
Avi Arad : Non ? Pourtant nous avions dit que nous ne commencerions pas avant d’être à Londres
SR : Je sais
Vous travaillez sur quoi ??
SR : La suite de l’histoire
celle de Spider-Man 3.
Déjà ?
Sam Raimi soupire, visiblement fatigué, et sourit.

Et vous avez une idée du méchant qu’affrontera Spider-Man ?
SR : Pas encore. Je dois encore en parler avec Avi et notre autre producteur Laura. Mais nous travaillons sur plusieurs pistes. Notre problème pour le moment est de savoir exactement où se trouve Peter là où nous l’avons laissé à la fin du 2, et ce qu’il deviendra dans le troisième. Il nous faut rentrer dans sa tête et deviner ce qu’il voudrait maintenant dans sa vie, savoir à quels problèmes il va se confronter en devenant adulte. Et seulement à partir de ces points, nous pourrons trouver le meilleur méchant de Marvel pour illustrer ces conflits…
Mais après vous aurez toujours un Avi Arad qui vous dira “Prend Doc Ock qu’on en finisse” (NDLR/ référence au refus de Sam Raimi après le tournage de Spider-Man 1 d’avoir Doc Ock dans Spider-Man 2).
Spider-Man 3 s’annonce comme la revanche de James Franco
SR : Oui c’est une possibilité !… Mais en voici une autre : maintenant qu’il sait que son père était le Bouffon Vert, il pourrait comprendre pourquoi Spider-Man a du le tuer
Et peut-être maintenant en a-t-il fini avec cette histoire de vengeance, et va-t-il faire la paix avec son ami… Pourquoi pas ? (grand sourire)
Vous choisiriez à nouveau un méchant avec un masque comme pour le Bouffon Vert ? Ou un sans masque comme Doc Ock ?…
SR : Avi et moi n’en avons pas encore réellement discuté, mais nous sommes au moins tombé d’accord sur l’idée que le masque posait une réelle difficulté.

AA : Je pense que le Bouffon était réellement difficile à adapter. Car si vous regardez dans le comics, il ressemble à un homme en costume d’Halloween. C’était un costume très simple qui ne reflétait pas du tout sa personnalité, comme si on lui avait juste posé un sac sur la tête. C’était donc un véritable challenge de le faire ressembler à quelque chose.
Quelle était le plus gros challenge pour vous sur Spider-Man 2 ?
SR : Sur Spider-Man 2, je dirais que développer le personnage de Doc Ock était le plus difficile
(se reprenant) Non : en fait le scénario était de loin la phase la plus dur.
AA : En effet, il a fallu écrire de très nombreuses versions
ce fut un processus long et pénible de trouver la bonne.
SR : Avi, moi et Laura avions tout de même la chance d’être entourés de nombreux scénaristes. Tout le monde a participé et est arrivé avec un bon nombre d’idées fantastiques. Il n’y avait pas qu’un seul scénariste et

Arrivée de Tobey Maguire
Tobey Maguire : Vous vous êtes enfin arrêté d’écrire ?..
SR : Non ! Figure toi que hier soir en rentrant dans ma chambre
TM : Je veux dire là, tout de suite ! (rires) Je sais très bien ce qui s’est passé hier soir
SR : (rires) En fait Tobey et moi voulons faire pour Spider-Man 3 un buddy-movie, où nous serions tout les deux les super-héros.
AA : Et moi je joue le méchant producteur.(rires)
(se reprenant) Deux choses au sujet du script de Spider-Man 2. La première, nous n’avions pas assez de temps. Faire un tel film en deux ans, c’est de la folie, c’est trop. La seconde est que nous avions en effet beaucoup de scénaristes, tous très doués.
SR : Mais je pense qu’avec les films Spider-Man cela ne pose aucun problème d’avoir autant de scénaristes, c’est même un avantage. Spider-Man a été brillamment crée par Stan Lee, et développé par les scénaristes de Marvel durant quarante années. Mais le personnage ne lui appartient plus : il appartient au public, c’est un héros international. C’est comme si Stan l’avait perdu, et que tout les enfants se l’étaient appropriés, que tout les scénaristes se l’étaient appropriés.
(se tournant vers Tobey Maguire)
et que vous monsieur bien sûr vous l’êtes approprié.
Il n’y avait pas trop de pressions des fans sur Spider-Man 2 ? Sur le premier beaucoup disaient que vous aviez pris trop de liberté par rapport au comics, et le second semble bien plus fidèle.
SR : Vous trouvez ? Nous avons en effet utilisé sur le premier des éléments de plusieurs comic-books et non juste un
AA : Je pense principalement sur le premier que les fans ont reproché à Mary Jane de trop ressembler à Gwen Stacy. Nous avions consciencieusement mélangé les deux personnages. Mary Jane est intéressante car elle est là tout le long des comics, Gwen ne fait que passer dans l’histoire et puis meurt
Mais peut-être reviendrons-nous à elle, car c’est un personnage très intéressant tout de même
Beaucoup de jeunes ont identifié leurs histoires d’amour tragique à celle de Gwen Stacy.
SR : Stan Lee m’avait dit quelque chose de très intéressant à propos de Gwen Stacy : le plus intense chez elle, est son absence. Sa mort entraîne par la suite beaucoup de souvenirs douloureux… Car dans le fond lorsqu’elle est présente ce n’est pas un personnage aussi riche que Mary Jane.

Vous pensez introduire un nouveau personnage, une nouvelle petite amie à Peter Parker dans le 3 ?… Comme Blackcat (La Chatte Noire)…
AA : (silence) C’est une excellente question
SR : Je pense qu’il sera très difficile de trouver une actrice qui soit attirée par Tobey et crédible en même temps.
(rires généraux)
TM : … il faudra en effet trouver une excellente actrice …
AA : beaucoup d’entre nous aiment BlackCat énormément…
TM : (rires) “beaucoup d’entre nous” veut dire en fait “Avi”
AA : oh mais Sam l’aime aussi beaucoup…
SR : Tout à fait
AA : Mais il y a tellement de personnages que nous pourrions mettre dans les films… il faut bien choisir. Et il n’était pas encore temps d’introduire Blackcat dans l’histoire…
SM : (silence) oui. (silence). En fait nous en avions pas mal parlé…
TM : de mettre Blackcat dans Spider-Man 2 …?…
SR : …oui.
TM : (se tournant à nouveau vers nous) … je connaissais la réponse à cette question, mais je voulais clarifier la situation !

C’était une plus grosse responsabilité de jouer Spider-Man cette fois que la première ? Ou un plus grand plaisir ?..
TM : C’était plus simple. J’ai même l’impression d’avoir cédé à la facilité. Ayant déjà le premier film comme préparation, je connaissais déjà le personnage, je connaissais ses relations aux autres personnages, et j’ai même eu plus de facilités à faire mes quelques cascades même si elles étaient plus compliquées que sur le premier. Nous étions tous plus confiant. Et ayant déjà travaillé avec pratiquement la même équipe sur le premier, j’avais déjà fait mes preuves et en me rendant sur le plateau de Spider-man 2, je me rendais presque “juste au travail”. Non pas que les gens doutaient de moi, mais il fallait que je me prouve à moi même que je pouvais apporter le travail nécessaire pour tenir le rôle sur le premier.
SR : J’ai vu les acteurs du premier épisode travailler totalement différemment sur ce second épisode. Sur le tournage, le temps de préparation nécessaire sur le premier film était plus consacré ici à discuter sur leur approche des relations entre les personnages. Ils ont put ici considérablement approfondir les relations entre les personnages. Cela leur arrivait de corriger ce qui était écrit dans le scénario, et ils avaient toujours raison.
TM : C’était aussi assez facile de travailler dans cette direction, car nous partions d’un excellent script. J’aime beaucoup le premier film, mais là nous sommes allez beaucoup plus loin, c’était encore plus facile. Et ce type là (désignant Sam Raimi) a le travail le plus dur au monde. Il a réalisé un film qui devait équilibrer de la comédie, du drame, de l’histoire d’amour, de l’action, des personnages qui évoluent, tout ça pour un blockbuster d’été qui ne laisse pas indifférent les spectateurs et n’insulte pas leur intelligence. Cela devient une tâche très difficile. J’apprécie que ce soit des réalisateurs qui aiment ce genre de films qui les fasse, comme Sam mais aussi Bryan Singer, Ang Lee, …
Comment avez vous choisi Alfred Molina ? Il n’est pas très habitué à ce genre de gros films…
SR : Mais moi non plus je ne suis pas habitué à ce genre de gros films. Je ne pense pas que ça l’ait beaucoup perturbé sur le moment. Un jour en se baladant il se rendit compte quand même que nous étions sur 12 plateaux gigantesques simultanément… Il était sans doute impressionné par la taille, mais une fois sur le plateau il se focalisait sur son personnage, comme il le fait sur tout les films. Sa concentration devait être énorme car il devait jouer entre autres avec des tentacules qu’il n’avait pas en face de lui. Son travail à moi était presque celui d’un réalisateur de films à base de miniatures, car je préférais lui laisser diriger lui même ses tentacules, me dire si où elles se trouvaient quand il tournait la tête, …
Il s’est retrouvé dans une situation assez unique où son expérience d’acteur l’a beaucoup aidé. Il a vraiment donné vie aux tentacules. C’est son jeu qui a donné vie aux tentacules.
AA : Tout le monde sur ce film vient du milieu “artistique” du métier. Le challenge du studio était de créer les effets spéciaux. Mais les acteurs étaient un peu effrayés de travailler sur un si gros film, l’adaptation d’un comic book en plus, et demandaient des conseils à leurs amis “dois-je le faire, …”. Mais lorsqu’ils regardaient le script ils s’apercevaient qu’il y avait un véritable challenge à relever.
Sur le premier nous avions été jugé comme une adaptation de comic-book. Et on nous a dit que c’était pas mal. Là, sur Spider-man 2, nous allons être jugé comme un “film” à part entière.
TM : Le processus est assez similaire pour un acteur sur ce film. Lorsque l’on s’entend dire “va faire le film sur spider-man”, forcément vous hésitez beaucoup… Il faut être réaliste : la plupart des gros films de l’été ne sont pas très bons. Certains le sont, mais ils ne sont de loin pas majoritaires. Donc j’ai avant tout pensé à refuser. Mais lorsque j’ai entendu que Sam Raimi réaliserait, je me suis demandé pourquoi. Très vite en en discutant avec lui je me suis rendu compte qu’il était porté par le projet. L’importance du scénario et des personnages, l’absence de stylisation du film. J’ai trouvé ça très frais, je pensais que ça ne laisserait pas les gens indifférents. J’ai signé pour trois films ; Sam non. J’avais confiance envers les producteurs Avi Arad et Laura Ziskin, envers le studio Columbia car ils prenaient le risque de confier leur film, et donc leur argent, à Sam Raimi.
SR : Je n’arrive toujours pas à croire que le studio ait fait ça ! (rires)
TM : C’est un choix difficile, mais ils l’ont fait, ce qui prouvait qu’ils avaient opté pour une bonne direction. J’ai donc été plus à l’aise de signer ce contrat de trois films.
AA : Je ne m’inquiétais pas une seule seconde du retour de Sam sur Spider-man 2. Pour le premier film, tout les agents vous appellent pour proposer leurs réalisateurs. C’était d’ailleurs le plus difficile : choisir qui allait porter à l’écran les aventures de ce héros crée par Stan Lee. Il fallait trouver quelqu’un pour qui Spider-Man importait énormément, car cela se ressent après à l’écran. Ensuite si Sam a eu une si bonne expérience à réaliser le premier, pourquoi prendre quelqu’un d’autre sur le second ? Nous avions un contrat, mais ce n’est pas ça qui comptait : la fin du premier film représente assez bien là où en était Sam. Il sentait le poids des responsabilités et devait cesser de vivre sa vie pour les mener à bien (rires).
L’équipe était devenu une famille…

Et qui choisi les acteurs ? Vous Sam Raimi ? Ou l’équipe de production ?…
AA : C’est lui le boss sur toute la ligne.
SR : Je consulte toujours mes producteurs sur chacune de mes décisions.
AA : Mais il aura toujours le dernier mot.
Une question que tout les fans de Sam Raimi se posent. A quand un grand rôle à nouveau pour Bruce Campbell ?
SR : J’adore travailler avec lui. Il me fait rire. Je ne sais pas, peut-être un jour…
Merci beaucoup à DVDRAMA pour cette superbe interview.